Georges Aperghis

Jean-François Laporte

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Artiste québécois, présent sur la scène de l’art contemporain depuis le milieu des années 1990, Jean-François Laporte poursuit une démarche hybride intégrant arts visuels et exploration sonore. Artiste plutôt intuitif, Laporte apprend l’art du sonore à travers l'expérimentation concrète de la matière. Formé d’abord à l’Université de Montréal puis à l’Ircam (2002-03), il construit sa démarche de composition sur l’écoute et l’observation active de la réalité de chaque phénomène. Son art est donc le résultat d’un travail de complicité avec le matériau brut, ses gestes créateurs proposant des constructions puisées à même les matériaux abordés. Ces derniers proviennent tant de l’environnement quotidien que des instruments de musique traditionnels ou inventés, sans aucune forme de hiérarchie. Par le fait même, une grande diversité de sources ainsi qu’une singularité indéniable caractérisent son travail.

Depuis maintenant dix ans, Jean-François Laporte consacre beaucoup d’énergie au développement et à la fabrication de nouveaux instruments de musique (tu-yo, bol, FlyingCan, trompe-sax, FlyingSax, orgue de sirènes) qu’il intègre à ses oeuvres et, depuis 2002, à différents projets multi-disciplinaires (danse contemporaine, vidéo clip, commandes à d’autres artistes, etc). Ces inventions ont mérité au compositeur plusieurs commandes d’oeuvres, au Canada (Radio-Canada, Musée Pointe-à-Callière, Fonderie Darling, Escales Improbables, Codes d’Accès, Quasar/SMCQ) et à l’étranger (Radio-France (Paris-MontPellier), IRCAM, Musée d’Arts de Compostelle, Athenor d’Albi, Le Carré d’art de Nîmes, La Muse en Circuit, etc).). Aussi, Depuis 1999, l’artiste s’adonne à la recherche, au développement et à la réalisation d’installations Visuelles et sonores dotées de contrôles robotisés et informatisés (Orbites, Khrônos, Psukhô, Kyokkoufu, Seaquakes, Khôra, etc). Ces installations mettent en scène des sculptures à la fois visuelles et sonores, utilisant la pneumatique, la robotique et la cinétique comme centre de réflection et comme moyens d’expressions. Un projet de recherche et de développement d’un nouvel instrument, le Tu-Yo Cybernétique est présentement en cours de réalisation.

Le compositeur continue également d’être actif dans la création d’oeuvres pour instruments traditionnels. En témoignent des oeuvres comme Désert de poussières, une œuvre de 15 minutes pour violoncelle solo et bande (commande de la Muse en Circuit, France), Craquements d’Âmes, une œuvre de 20 minutes créée le 18 mai 2009 par l’Ensemble Itinéraire, et Spin (oeuvre électroacoustique de 20 minutes, commande du GRM) créée le 9 février 2008. Le compositeur travaille présentement sur plusieurs projets de composition : une œuvre de 20 minutes pour le quatuor électrique Repertorio Zero (Italie), œuvre de 20 minutes pour flûte et traitements en temps réel (commande du CAC pour la flûtiste Claire Marchand, Montréal) et une œuvre de 45 minutes pour l’ensemble Transmission (commande du CAC). Depuis ses débuts en 1993, Jean-François Laporte a écrit une soixantaine d’œuvres qui ont été créées et interprétées tant à Montréal qu’ailleurs au Canada, en Europe, au Japon et aux États-Unis*, suite à des commandes d’ensembles locaux ou internationaux et bénéficiant souvent de soutiens financiers gouvernementaux (notamment du CAC, du CALQ, du Ministère de la Culture français, etc). Le compositeur et ses œuvres se sont également mérité de nombreux prix dont plusieurs prix Opus, décernés par le Conseil Québécois de la Musique (Compositeur de l’année et découverte de l’année en 2002, puis création de l’année en 2002 et 2006), ainsi que des premiers prix aux concours internationaux Luigi Russolo (2003) et Citta’ di Udine (2004), tous deux en Italie.

D’ailleurs, les inventions de Laporte attirent l’intérêt de gens de part et d’autre du milieu artistique international. En plus de faire l’objet de nombreuses tournées (Khôra, notamment, a été présentée une trentaine de fois dans plusieurs pays), ces inventions l’ont ouvert à de multiples collaborations tant du côté de la musique que celui de la danse contemporaine. En effet, la chorégraphe Susan Buirge (Abbaye de Royaumont) commandait au compositeur, en 2002, une oeuvre électroacoustique de 40 minutes pour instruments inventés et la chorégraphe japonaise Heidi S. Durning faisait appel à lui pour faire la musique de plusieurs de ses projets dont Intuitive Sound Danse, Spiral Wind, Kimono Series et Ruby. Dans la même voie, il a terminé Matière & Matière 2007 et Composer / décomposer 2008, deux projets pour instruments inventés en collaboration avec la chorégraphe coréenne YoungHo Nam. Il viens de terminer Wedged in the Red Room avec le chorégraphe/danseur Frédéric Tavernini et Mon corps jamais ne s’arrêtera de danser avec la chorégraphe/danseuse Barbara Sarreau. Par ailleurs, plusieurs compositeurs ont décidé d’intégrer ces inventions à leurs oeuvres, notamment le suédois Jesper Nordin(Résidues, commande du Swedish Radio Symphony Orchestra, 2006) et le britannique Jonathan Harvey (commande de la compagnie de danse Ma-To-Ma).

J-F Laporte est fondateur, directeur artistique et général des Productions Totem Contemporain, un organisme qui développe et fait la promotion de ses instruments inventés ainsi que des installations visuelles et sonores qui les mettent en scène, Lauréat dans la catégorie « Musique » du Grand Prix 2006 du Conseil des Arts de Montréal. L’organisme terminait dernièrement une tournée d’une année sur l’île de Montréal. Psukhô fut créée à la Fonderie Darling (25 sept. au 5 oct. 2009). L’organisme a aussi créé de The Floating Project, une installation présenté dans le cadre du Festival Arts Souterrains. En novembre prochain (25 novembre au 5 décembre 2010) l’organisme fera la création de Khrônos, la toute dernière installation.

Jean-François Laporte a remporté l’an dernier son cinquième prix Opus, celui du Facteur d’instrument de l’année. Ce prix, remis par le CQM (Conseil Québécois de la Musique) et la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles), vise à reconnaître la qualité du travail de fabrication et l’importance de l’invention de ces nouveaux instruments. De plus, le compositeur est présentement en résidence artistique à Tokyo pendant six mois, de juillet à décembre 2010, dans le Studio du Québec à Tokyo, (CALQ).